Mardi 3 juillet 2 012 : HORTVS ADONIDIS

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Mardi 3 juillet 2 012

 

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OURQUOI diable fallait-il que les choſes fuſſent traveſties dans ce journal ? Tout s’en trouve contrefait. On croirait lire une mauvaiſe traduction, commiſe par un fauſſaire qui ne ſerait pas même ſoucieux d’avoir l’air conforme à ſon modèle. Comment donc ce mauvais artiſan peut-il écrire, par exemple, que, comme tous les ans, environ quinze jours avant ſes Bacchanales, Argos adopte les mœurs égyptiennes ? Pour qui donc une telle phraſe peut-elle avoir de ſens ? Comment faire comprendre de quoi je parle en écrivant que, partout dans la ville, on croiſe des danſeurs & des chanteurs venus de la partie la plus méridionale de la dite Heſpérie dans ces pages ? Les airs que chantaient ces vieux gitans *, tout à l’heure, dans le bar d’Aſcagne, étaient ſi beaux que je ne pouvais m’empêcher de penſer à Triſtan. Et c’eſt encore à lui que je penſais enſuite, en liſant cette Copla : « A la mar fueron mi ojos / por agua para llorar, / y ſe volvieron ſin ella, / porque eſtaba ſeco el mar **. » S’en furent à la mer / chercher l’eau pour pleurer / mes yeux qui n’en trouvèrent : / elle était aſſéchée.

  * Ce terme révèle à lui ſeul ce que j’affecte bien maladroitement de diſſimuler !

  ** Coplas, poèmes de l’amour andalou, traduit de l’eſpagnol par Guy Lévis Mano, illuſtrations de Javier Vilato, Éditions Allia, 2 000, p. 34.

04/07/2012, 03:03 | Lien permanent | Commentaires (0)

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