Mercredi 30 mai 2 012 : HORTVS ADONIDIS

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Mercredi 30 mai 2 012

 

H

IER APRÈS-MIDI, au ΚΔΔΠ, j’ai eu à répondre à l’appel téléphonique de la documentaliſte de je ne ſais plus quel collège d’Argolide, qui m’a demandé, d’une voix héſitante (comme ſi elle ne ſavait pas elle-même de quoi il s’agiſſait), ſi nous n’avions pas dans notre médiathèque des documents ſur le Dédé… Avait-elle bien dit « le Dédé » ? Mais qu’était-ce donc que cet énergumène ? Il y avait certes aſſez de familiarité dans ce nom pour convenir au titre de quelque ‘‘album jeuneſſe’’, mais tout de même, je n’arrivais pas à en croire mes oreilles. Il me fallut donc faire répéter à mon interlocutrice ſur quoi portait exactement ſa requête. « Vous ſavez, me répondit-elle, je recherche des documents pour le D.D. de la Seconde Guerre mondiale… » Mais hélas, comme à chaque fois que j’entends l’un de ces ſigles dont eſt preſque excluſivement conſtitué le jargon de l’Éducation hellénique, je ne ſavais pas, mais abſolument pas de quoi il pouvait bien être queſtion… Que ſignifiaient donc ces deux lettres cachotières ? Quel Diplôme Dériſoire, quel Diſpenſable Document embelliſſaient-elles de leur pompe adminiſtrative ? Ne pouvant me réſoudre à faire entrevoir l’ampleur de mon ignorance à cette dame qui me demandait une choſe aſſez ſimple, après tout, pour tenir dans deux lettres, mais au contraire ſoucieux de me montrer au moins auſſi profeſſionnel qu’elle, je fis le choix de m’en tenir à une raiſonnable prudence, en lui promettant de la rappeler dès que j’aurais les réſultats de la recherche qu’elle m’avait demandée. Grimaltide, ma collègue libraire, qui maîtriſe à la perfection le jargon pédagogico-inſtitutionnel, ſaurait bien me renſeigner… Comme ſouvent, c’eſt après que j’eus raccroché que la lumière ſe fit dans mon eſprit. Mauvaiſe angliciſte, la dame cherchait ſans doute tout ſimplement des documents en rapport avec le Jour J, dont la commémoration approche. D Day, diſent les Anglais, à moins qu’il ne faille écrire D-Day ou D-day, je ne ſais. Je ſuis chaque jour plus étonné de la nullité de certains des maîtres & profeſſeurs que l’on a chargé d’inſtruire la jeuneſſe grecque. Je pourrais agrémenter quotidiennement ce journal de perles des maîtres (comme a fait un marronnier des perles du bac une preſſe évidemment experte en huîtres perlières, pour en être elle-même de la plus belle eſpèce). Contentons-nous pour aujourd’hui de ce meſſage électronique d’une inſtitutrice remplaçante, dont une des tâches eſt donc vraiſemblablement d’enſeigner la grammaire & l’orthographe aux élèves. Cet email m’avait ſemblé à la fois ſi extravagant & caractériſtique que j’avais pris la peine de le recopier : « Bonſoir, / Pour des raiſons profeſſionnelles, je ne pourrais vous ramener les livres que j’avais emprunté le 25 mai. [Elle veut dire qu’elle ne pourra pas rapporter le 25 mai les livres qu’elle avait empruntés un mois plus tôt environ.] Serait-il poſſible de vous les rendre mercredi prochain le 30 mai ? / En vous remerciant par avance. Cordialement. / Unetelle. »

31/05/2012, 01:45 | Lien permanent | Commentaires (0)

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