Samedi 23 juin 2 012 : HORTVS ADONIDIS

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Samedi 23 juin 2 012

 

J

E SUIS ALLÉ allé chercher Triſtan mardi ſoir à la gare de Trézène. Définitivement rentré de la véritable Grèce, il devait reſter chez moi juſqu’à demain dimanche. Pendant le trajet en voiture, entre Trézène & Argos, celui-ci m’a dit qu’il avait pris goût à la douceur de la vie qu’il avait pu mener dans cet autre pays pendant près de neuf mois : il s’était habitué à avoir beaucoup de temps libre, il était déſeſpéré à l’idée de ne plus en avoir à l’avenir, il n’avait plus envie de faire ſon ſtage dans un cabinet d’avocats au mois de juillet, il ne ſavait d’ailleurs plus s’il voulait toujours devenir avocat, ni même s’il tenait encore au grand projet qui était le nôtre depuis des mois de nous inſtaller enſemble dans la ville d’Acaris après ce ſtage : il s’était trop accoutumé à l’indépendance & à la liberté pour enviſager ſereinement cette vie de couple que j’avais pourtant cru qu’il avait déſirée tellement plus que moi juſqu’alors. Le lendemain, mercredi, il a dit qu’il ne m’aimait plus autant qu’avant. Il avait beſoin de réfléchir & voulait que nous fiſſions une pauſe, même ſi je reſtais ‘‘ſon Antire’’, comme il a cru bon d’ajouter. Jeudi matin, il a préféré abréger ſon ſéjour ici. Je l’ai conduit à la gare d’Argos, où il a pris le train d’onze heures pour Athènes. Le ſoir, au téléphone, il m’a dit qu’il ne ſe ſentait pas le droit de me faire attendre davantage & qu’il me rendait donc ma liberté, bref : que nous n’étions plus enſemble, qu’il me quittait. Je m’attendais ſi peu à cette rupture que je ſuis effondré. Alors que j’étais à pleine viteſſe dans la courſe qu’il m’avait demandé d’entamer pour lui, c’eſt comme s’il m’avait arrêté d’un violent coup de poing dans l’eſtomac. Je ne ſais plus ſi je pourrai de nouveau reſpirer l’air un jour. Je ne peux plus bouger. Je ne peux plus parler. Je ne peux plus rien faire. Je ne peux plus. Je me ſens comme au cinéma, comme une femme trahie, abandonnée. Je n’arrive plus qu’à me regarder. Je me ſens incapable, impuiſſant, émaſculé. Je ne comprends pas. Je n’ai rien vu venir. Et maintenant je ne vois plus rien. 

24/06/2012, 02:25 | Lien permanent | Commentaires (0)

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