Vendredi 13 juillet 2 012 : HORTVS ADONIDIS

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Vendredi 13 juillet 2 012

 

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ÉlÉphonage avec Triſtan. Celui-ci me dit qu’une part de lui voudrait me revenir & que l’autre ne le peut pas : la honte qu’il éprouverait depuis ſa trahiſon l’en empêcherait. Je ne ſais ſi j’ai déjà parlé dans ce journal des motifs de cette honte. C’eſt que Triſtan m’a fait pouſſer des cornes un peu moins virtuelles que celles qu’Euphorion fit porter à ce pauvre Eugène, mon couſin de France. Tandis que ce dernier reprochait à ſon amant de s’être lié de véritable amitié avec une perſonne dont il n’avait permis la rencontre que parce qu’elle devait être ſans lendemain, Triſtan s’accuſe d’avoir cru pouvoir flirter ſans danger en Grèce avec un bel autochtone parce qu’il ne lui reſtait plus que quelques jours à ſéjourner dans ce pays. Et en effet, quel riſque courait-il à s’oublier un peu, s’il n’avait pas le temps de s’abandonner tout à fait ? Pourquoi ſe ſerait-il inquiété, puiſqu’il lui fallait partir ? Mais c’eſt à regret qu’il quittait un endroit dont il était épris. Inſouciant & triſte, bercé par ce Conſtantin qui lui ſemblait doux & beau comme la Grèce, il fut le premier ſurpris de ſe trouver ſous le charme du jeune homme. Il le laiſſa le regarder dans les yeux & lui careſſer les cheveux. Il poſa la tête ſur ſon épaule & l’écouta. La voix fatale de la Grèce chantait dans les paroles de Conſtantin & couvrait le ſon de la mienne. Triſtan eſt à préſent rentré dans ſa patrie & Conſtantin n’a pas quitté ſes penſées. Mais il n’y a pas de honte à cela ! Ce dont Triſtan s’eſt rendu coupable à mes yeux, ce n’eſt pas d’avoir laiſſé ce beau garçon lui faire la cour, ni de s’en être entiché (& ce ne le ſerait pas non plus s’il avait ſuccombé phyſiquement à ſes charmes, car je ſavais depuis longtemps que de plus jeunes ou de plus beaux que moi finiraient par s’immiſcer entre nous pour tenter de me le dérober) ; mais c’eſt de m’avoir fait des promeſſes que je ne lui demandais pas & qu’il n’était pas capable de tenir. Triſtan s’était engagé, ſans que je l’en euſſe prié, à ne pas ſe mettre dans la ſituation de tomber, pendant ſon ſéjour dans la véritable Grèce, ſous le charme d’une autre perſonne & de la fuir à toute force s’il devait s’en trouver une ſur ſon chemin. J’eus la faibleſſe de le croire digne de ſon ſerment. J’ai été bien déçu. Triſtan n’eſt qu’un garçon comme les autres, préſomptueux & ſans parole, inconſtant & volage, & qui n’eſt ſoucieux que de lui, puiſqu’il eſt à l’évidence plus diſpoſé à écouter ſa honte qu’à entendre ma peine.

 

 

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14/07/2012, 02:57 | Lien permanent | Commentaires (0)

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