Samedi 14 juillet 2 012 : HORTVS ADONIDIS

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Samedi 14 juillet 2 012

 

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RISTAN m’a dit tout à l’heure en pleurant qu’il m’aimait encore, mais que l’empêchait déſormais d’enviſager une inſtallation commune dans la cité d’Acaris la crainte qu’il a du reſſentiment que je pourrais garder contre lui, à cauſe de ſa fuite récente, & qui riſquerait de m’avoir rendu paradoxalement moins captif à mon tour, c’eſt-à-dire beaucoup plus ſuſceptible de lui échapper, de l’abandonner dans une ville où il ne connaîtrait perſonne. Or, dès les premiers jours que nous imaginâmes de vivre enſemble dans Acaris, Triſtan m’avait fait part de cette grande peur : il ne voulait en aucun cas ſe retrouver ſeul dans des lieux inconnus & loin des ſiens. C’eſt la raiſon pour laquelle il avait exigé que je m’engageaſſe à demeurer au moins deux ans près de lui, le temps qu’il terminât ſon maſter (après quoi il aurait pu retourner à Athènes pourſuivre ſes études) ou bien qu’il s’implantât aſſez ſolidement dans Acaris pour pouvoir y vivre ſeul, je veux dire : pour y vivre ſans moi, mais entouré des nouvelles connaiſſances qu’il ſe ſerait faites entre temps. Triſtan avait même obtenu que je refuſaſſe le bénéfice d’un concours que j’aurais éventuellement réuſſi pendant cette ‘‘période de ſûreté’’ s’il avait fallu que j’allaſſe ailleurs dans la Grèce, ce qui eût été preſque inévitable. Je lui en avais donné ma parole. Il eſt vrai que cela ne m’engageait guère, car je ſemble être peu fait pour réuſſir jamais un concours ! Et puis après tout, ſi ! C’était beaucoup me demander ! Mais même si j’y étais prêt, quels gages lui en donnais-je ? Aucun ! Toute promeſſe eſt un pari de qui la reçoit, & où le joueur miſe ſur ſa propre foi. Malgré nos paroles, malgré nos promeſſes, il fallait bien nous fier l’un à l’autre. Nous étions tout ſimplement fiancés ! Et maintenant, parce qu’il m’a fait voir comme il était peu digne de confiance, voici que c’eſt lui, Triſtan, qui ne veut plus ſe fier à moi. Quelle ironie ! Ce pari que j’étais prêt à prendre ſur ſa parole, lui n’eſt plus diſpoſé à le faire ſur la mienne. Il me croit auſſi peu fidèle que lui, & c’eſt ce qui l’empêche de tenir ſon engagement. Sa propre lâcheté lui fait me prêter ſon manque de parole. Il a rompu nos fiançailles de peur que je ne le fiſſe moi auſſi ! Je ne ſais ce dont je ſuis le plus outragé, d’avoir été trahi ou de paſſer à ſes yeux pour auſſi traître que lui. Comment lui pardonnerais-je un tel crime ?

 

 

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15/07/2012, 04:14 | Lien permanent | Commentaires (4)

Commentaires

Ca va? Tu es toujours vivant? Silencieux en tous les cas!

Écrit par : don estaban | 20/10/2012

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Je suis en effet toujours de ce monde, mon cher don Esteban. EstAban... Dois-je voir dans cette lettre une simple faute de frappe ou veux-tu me dire que tu n'existes plus qu'à l'imparfait, comme si c'était toi qui n'étais déjà plus de ce monde ? Je t'ai répondu sur ta boite hotmail. J'attends ta réponse.

Écrit par : Antire | 21/10/2012

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Les années passent et je suis toujours aux aguets.
En espérant que cet anniversaire sera le début d'une présence plus marquée de votre journal dans mes lectures quotidiennes, je vous souhaite bien des choses, et que du bon.

Écrit par : Pierre Tombale | 02/11/2012

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J'admire, cher Lithomnème, que vous vous soyez souvenu de cette date ! Je suis sûr que votre patience sera récompensée. Sans doute êtes-vous mon plus fidèle lecteur ! Je vous en remercie. C'est en partie grâce à vous que je me convaincs de poursuivre, parce que je vous le dois.

Écrit par : Antire | 02/11/2012

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