Samedi 15 août 2015 : HORTVS ADONIDIS

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Samedi 15 août 2015

 

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ETTE PHRASE : « Tourner sur soi-même sans changer de place est une impression déplorable, vivre trop longtemps de soi et pour soi est mortel *. » C’est exactement ce que je ressens : de moi et pour moi, je meurs sur place…

 

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* Boualem Sansal, 2084. La Fin du monde, éditions Gallimard, 2015, page 39.

 

Mis en ligne le 15.X.2015

16/08/2015, 12:19 | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Je vois que tu n'as pas perdu la main, tu écris toujours aussi bien. J'espère que ces billets ne sont que l'avant garde d'une longue série.
Chez moi, ce sont les chiens errants et affamés qui me font de la peine. Tous les soirs, ils se regroupent dans mon jardin dans l'espoir de quelqu'os à ronger. Il y a quelques années un festival qui ne se produit que tous les douze ans mettait la population en émoi. Le maire avait demandé aux particuliers d'accueillir une partie des touristes que la maigre capacité hotelière de l'ile ne permettait pas d'héberger. J'avais hérité d'une famille de belges, les parents, leur fille et son mari. Des gens tout à fait charmants. Le premier soir, dans la nuit noire des tropiques zébrée d'éclairs de chaleur, alors que nous finissions le repas sur la terrasse, la fille, Prunelle ou quelque chose de ce genre, me demanda où il fallait jeter les os du poulet que nous venions de dévorer. Je pris l'air inspiré du vieux broussard qui sait ce qu'il sait et que les autres ne savent pas, lui enlevai des mains l'assiette contenant les reliefs du repas et en jetai le contenu dans le jardin. Dans l'obscurité, les feuilles sèches furent piétinées et les troncs des arbustes secoués comme si une harde de hyènes envahissait le jardin. Tout cela fut suivi de grognements, de glapissements, de claquements de machoires et de craquements d'os. Je ne sais pourquoi, cela terrorisa mes belges. Ils abandonnèrent l'idée de dormir sur la terrasse (ils ne savaient plus, dans ces conditions, y dormir..) et s'enfermèrent dans la maison. Il fallut que je dégrippe la serrure de la porte d'entrée que jamais je ne fermais et en retrouver la clé ce qui prit une bonne partie de la nuit. Ils attendirent l'aube blottis les uns contre les autres.

Écrit par : don Esteban | 19/10/2015

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Cher don Esteban, quant à toi, c’est toujours aussi plaisamment que tu nous narres les déboires d’Européens aventurés hors de leur milieu naturel ! Je n’ose m’imaginer à la place de ces pauvres Belges, à la merci des bestioles et des geckos. J’ai toujours eu beaucoup d’amitié pour les chiens, mais ceux des Marquises ont tout de même l’air bien inquiétants…

Écrit par : Antire | 19/10/2015

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