Mercredi 25 mai 2022 : HORTVS ADONIDIS

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Danse macabre

 

 

S

I JE DEVAIS SYNTHÉTISER à l’extrême le sentiment que m’inspire le voile islamique (du plus charmant fichu, dès lors qu’il est de mode musulmane, à la bâche la plus intégrale), je recourrais à cette analogie (qui n’est bien qu’une analogie, et en aucun cas une identification) : Comme signe de ralliement ou de revendication, le voile est à mes yeux l’équivalent de la croix gammée du nazisme ; comme marqueur de l’infériorité de la femme, il est un équivalent de l’étoile jaune. Je précise encore que mon analogie ne compare pas ici le sort des femmes à celui des Juifs, ni l’islam au nazisme, mais bien la fonction de trois pièces de tissus différentes, sous deux régimes distincts, mais qui ne sont ni l’un ni l’autre très propices à l’épanouissement des hommes (au sens générique). La servitude volontaire de ces femmes qui, prétendant exercer leur liberté en décidant de se voiler, se voilent surtout la face si vraiment elles se croient complètement innocentes du sang versé dans les pays où leur voile est porté par contrainte, si vraiment elles ignorent être les complices, même de très loin, de crimes perpétrés jusque dans des pays où les têtes ont normalement des cheveux, crimes commis par des hommes qui, parfois, peuvent même séparer certains corps de ces têtes, en prenant bien le temps qu’il faut pour découper celles-ci, parce qu’ils pensent que les femmes devraient avoir les leurs emballées ; cette servitude faite choix, disais-je, me paraît aussi indécente que s’il advenait un jour que mon voisin décidât d’arborer une croix gammée à son bras, s’estimant libre de proclamer ses convictions par ce moyen, au prétexte que tous les nazis n’étaient pas des tueurs sanguinaires et que le nazisme, c’était aussi des Coccinelles et des autoroutes ; elle est aussi incongrue que si cet assez peu sympathique voisin réussissait à me persuader, je ne sais trop comment, de me coudre un triangle rose sur la poitrine, sans doute par une manipulation grossière, par exemple en prétendant que le port de ce triangle me faciliterait les rencontres avec mes semblables (car il est vrai qu’il est devenu difficile de s’y retrouver, maintenant que tous les homme s’épilent et que les plus jeunes d’entre eux peuvent même se vernir les ongles !) Mais ce vers quoi j’irais avec ce triangle, ce n’est pas l’heureuse rencontre que, pour m’appâter, l’on m’aurait promise, à moi qui déteste tant faire connaissance, ou même seulement tomber dans la rue sur l’une des miennes (Ah ! l’heureux temps des masques, qui nous donnait la parfaite excuse pour ne reconnaître personne dans la rue ! Et d’ailleurs, il était réellement difficile de reconnaître quelqu’un dans la rue ! C’est à croire que nous avons tous de beaux yeux, et que c’est à nos gros nez, aux petits rictus de nos bouches, que les autres nous reconnaissent plutôt…) ; non, ce à la rencontre de quoi j’irais surtout, je le crains, c’est les crocs des chiens qui dévorèrent l’ami de Pierre Seel au camp de Schirmeck, c’est la plus haute tour de la ville, d’où l’on me jetterait à la fin dans le vide, c’est-à-dire en direction d’un sol bien concret, et fait d’une matière qui, à tous les coups, me paraîtrait avoir une consistance un peu trop ferme pour l’intégrité de mes os et de mes organes ! Moi qui aime tant les chiens, je crois que j’aimerais tout de même mieux la tour… Mais si vraiment ces femmes tiennent tellement à l’idée de voile, pourquoi ne s’avisent-elles pas que leurs cheveux sont le voile qui nous dissimule la peau de leur crâne, et que leur peau est le voile qui recouvre leurs os, dont le savant assemblage a la forme d’un squelette ? La vie est un voile, un voile qui tombe. Après quoi, c’est la mort. Leur voile à elles est un linceul, qu’elles veulent porter de leur vivant. Elles font le choix de nous exhiber leur mort à tous les coins de nos vies. Elles sont des spectres pleins de morgue, qui transforment le monde même en une vaste morgue, qu’elles hantent en allant d’une danse macabre et chantant sans même s’entendre chanter : « Vive la mort ! »

25.V.2022

25/05/2022, 11:24 | Lien permanent | Commentaires (0)

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