HORTVS ADONIDIS : Archives

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18/04/2020

Ballade des confinés

 

Dans un gracieux casier d’argent

Volette et chante une perruche.

Du boulevard privé de gens

Ne monte plus aucun grabuge.

Quand sur sa branche elle se juche,

Elle n’entend plus bourdonner

Qu’au toit le peuple d’une ruche.

Tel est l’aspect d’un confiné.

 

Après avoir, d’un expédient,

Déjoué de Cicéron l’embûche,

Dans une chambre d’étudiant,

Un beau jeune homme se paluche,

Dont le voisin regamahuche

La voisine. Un contaminé

Quitte son lit, tousse et trébuche.

Tel est l’aspect d’un confiné.

 

Enfant de la canine gent,

Clarinette avec sa peluche,

De sa fenêtre envisageant

La triste rue, écoute et juge,

En connaisseuse, le déluge

Des notes du concert donné

Par Olivier, son camarluche.

Tel est l’aspect d’un confiné.

 

Enfin, de son piano transfuge,

Son maître vient noter ces nuges,

A la Catulle, et dessiner

En vers (d’ennui le subterfuge)

Quel est l’aspect d’un confiné.

17.IV.2020

18/04/2020, 00:02 | Lien permanent | Commentaires (0)

11/04/2020

Que j’aime vos effets, divine impéritie !

Grâce à vous l’on découvre où demeurer ici.

11.IV.2020

(Vingt-sixième jour de confinement)

11/04/2020, 11:10 | Lien permanent | Commentaires (0)

08/04/2020

Double ballade de Macron le simplet

 

« Wie schrie der laut : ‘‘Auch du, mein Sohn !’’ »

Brecht, Salomonsong

 

Souviens-toi donc du prince bondieusard,

Le sage Salomon, roi d’Israël,

Qui fit à Dieu ce superbe alcazar

Au cœur de Sion, souvenir irréel

Que détruisit un prince de Babel.

Qu’il était sage et de savoirs orné !

Il eût souhaité de ne pas être né,

Tant il savait que buée est sans appas !

C’est la sagesse, hélas, qui l’a mené

A cet extrême. Heureux qui n’en a pas !

 

Et souviens-toi de celle au nez camard,

Ou d’aigle, ou retroussé, mais qui, si belle,

Fut la reine du Nil. Ce cauchemar

D’Antoine, le Romain, cette Cybèle,

Le rendit fou d’amour, et c’est pour elle

Qu’il perdit tout, et jusques à ce nez

Si volontaire et si bien dessiné !

Car Cléopâtre aussi fut au trépas.

C’est la beauté qui les aura menés

A cette ruine. Heureux qui n’en a pas !

 

Et souviens-toi du dictateur César,

Cet audacieux trônant sur un autel

En plein cœur du sénat, qui, à l’instar

D’un dieu, commandait à tous les mortels.

Savait-il donc l’instant sacramentel

Si près d’échoir lorsque, d’amis cerné,

Il vit d’abord son fils l’assassiner ?

Ah ! Que son cri, en grec, tous les frappa !

C’est son audace, encor, qui l’a mené

Jusqu’à sa perte. Heureux qui n’en a pas !

 

Et souviens-toi de Mackie du poignard,

Ce souteneur de maintes Jézabels,

Cet égorgeur, cet oiseau charognard,

Caïn de soi et de tous les Abels,

Et passionné de tripots et bordels,

Qui fut trahi par un plus affiné.

Si son bon roi ne l’avait blasonné,

Il aurait fait des corbeaux le repas.

C’est la passion qui l’a failli mener

A la potence. Heureux qui n’en a pas !

 

Et maintenant, ce mignon des couguars,

Ce Jupiter, tombé tout droit du ciel,

Que fait-il donc ? Il s’amuse au briscard !

Il a passé ces jours pestilentiels

A jouer à la guerre ! Un colonel,

Jugé grivois, a dû démissionner

Qui jouait au docteur, trop dominé

Par l’appendice utile à ses ébats.

Macron, c’est son esprit qui l’a mené

Jusqu’à l’Olympe. Heureux qui n’en a pas !

 

A son côté, des lieutenants tocards,

Hommes de cour aux airs superficiels,

Vont pavanant. Son préfet des flicards

Sur les agonisants répand son fiel

Et son héraut, faute de matériel,

Nous divertit par sa stupidité.

Pendant ce temps gagne l’obscurité.

Et l’on entend crier à qui tombe à

L’instant en sa dernière extrémité :

« Pas toi, mon fils ! » Heureux qui n’en a pas !

 

Prince Jésus, pardonne à l’aliéné

Qui nous gouverne et nous a confinés.

N’espère point de lui mea-culpa.

Crois m’en, Seigneur, rien ne sert d’assener

La morale à l’heureux qui n’en a pas !

8.IV.2020

08/04/2020, 17:26 | Lien permanent | Commentaires (0)