HORTVS ADONIDIS

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Dimanche 8 avril 2 012

 

P

EUT-ÊTRE ces fêtes de Pâques ſont-elles une bonne occaſion de reſſuſciter ſur la Toile ce pauvre journal, auquel je ne ſais trop pourquoi j’ai déſormais tant de mal à m’intéreſſer. Bien ſûr, il y a d’abord que je n’arrive pas à trouver le courage de rattraper tout le retard que j’ai pris dans ſa publication webmatique depuis, je crois, le mois de décembre dernier, où j’avais fait paraître les lignes que j’avais pris la peine d’écrire le 24 mai 2 011, il y a preſque un an, & dans leſquelles je me plaignais déjà de l’eſpèce d’impuiſſance qui me frappe : « Je profite, écrivais-je alors, de ce que je me trouve dans le train pour Athènes, où je vais rejoindre Triſtan, pour noter dans mon carnet de quoi alimenter un journal de moins en moins bien tenu. Il y a peut-être deux mois que je me fais la promeſſe de recopier, quand il ne me faut pas d’abord les mettre en formes, les notes, de plus en plus ſuccinctes, que je couche dans ce carnet, ſans jamais m’y tenir. Je ne ſais ce qui m’arrive, depuis quelque temps, qui me fait me déſintéreſſer complètement de ce journal. Peut-être traverſé-je une ſorte de criſe, peut-être eſt-ce à cauſe de l’entrée de Triſtan dans ma vie, qui eſt un grand bouleverſement. De fait, malgré la grande diſtance qui nous ſépare le plus ſouvent lui & moi, je me ſens de moins en moins maître de mon emploi du temps, n’étant plus jamais à l’abri d’un de ces coups de téléphone qui, généralement, peuvent durer deux heures & plus encore, je n’ai plus la tranquillité néceſſaire à ma concentration, puiſque je garde toujours à l’eſprit que je pourrais être dérangé à tout moment. » La tâche me paraît d’autant plus inſurmontable que, comme je l’écrivais donc déjà le 24 mai 2 011, ce n’eſt pas ſeulement dans la publication de ce journal que j’ai pris du retard, mais auſſi, ce qui eſt évidemment bien plus grave, dans ſa rédaction, l’eſſentiel de ce que j’y ai pu mettre depuis ce dernier jour de mai ne conſiſtant le plus ſouvent qu’en de très brèves notes jetées ſoit dans mon carnet, ſoit dans le document Word où ma proſe de diariſte inconſtant eſt cenſée s’écrire quotidiennement, mais dont je ne ceſſe de remettre à plus tard le travail. Or, ce travail que je ne ſuis pas capable d’effectuer, cette miſe en forme de notes, d’idées accumulées dans mes papiers pendant des mois & qui ſont encore à développer pour la plupart, cette croiſſance à laquelle aſpire tout naturellement ce journal, dans l’eſpoir, ſans doute & malgré les dénégations plus ou moins ſincères dont j’ai pu le parſemer, de devenir une œuvre à part entière, quoique à ſon modeſte rang, bien entendu ; le travail, diſais-je, que mon impuiſſance ne me permet pas de mener à bien pour nourrir cet eſpoir, cet enfant, mon journal, n’eſt-ce pas préciſément celui par lequel l’écrivain ſe diſtingue du dilettante, de la jeune fille ? J’ai honte de cette impuiſſance qui me fait uſurper le beau titre d’écrivain dont Dominique Autié, dans notre correſpondance, avait bien voulu m’honorer. Il y a auſſi que l’amour a des baſſeſſes dont je n’ai pas la force de me relever. Il y a une petiteſſe de Triſtan que je m’explique pour l’inſtant par ſa jeuneſſe, celle-ci étant par nature complètement dépourvue de toute indépendance d’eſprit, déſireuſe qu’elle eſt, au contraire, de ſe ſoumettre au groupe, c’eſt-à-dire à ſon hideuſe beauté narciſſique, arrogante & futile. Il n’y a pas longtemps, en effet, que celui-ci m’a confié avoir honte de ce qu’il appelle ‘‘mes idées’’, m’apprenant ainſi que j’en avais, ce que j’ignorais avant que Triſtan ne m’eût éclairé ſur ce point… Quand je lui ai demandé ce qu’il voulait dire par là, il m’a expliqué qu’il ſerait très embarraſſé que ſes amis généralement ‘‘bien-penſants’’ découvrent quelles ſortes d’idées, donc, qu’ils ne manqueraient pas de juger intolérablement dépravées, mon eſprit pouvait élaborer dans la ſolitude de ſa décompoſition avancée &, de ce fait, néceſſairement nauſéabonde. Mais dans le même temps, il m’a juré qu’il ne voudrait ſe paſſer de nos converſations pour rien au monde, parce qu’elles ſeraient, ſelon ſes propres mots, « un eſpace de liberté » comme il n’en a jamais trouvé ! Je dois dire que ce n’eſt pas ſans un peu de chagrin (mais auſſi avec de l’eſpoir) que je l’ai entendu reconnaître qu’il y avait de la lâcheté à ſe ſoumettre comme il fait à la cenſure que lui impoſe la médiocre ſociété de ſes amis. Triſtan, à qui j’ai eu la mauvaiſe idée de donner à lire, pour ſon anniverſaire, afin de l’aider à ſe faire une idée de ce journal, dont il eſt à la fois ſi curieux & ſi effrayé, la relation de mon ſéjour en 2 006 dans la véritable Grèce, où il ſe trouve qu’il réſide lui-même en ce moment, dans le cadre de ſes études, m’a dit qu’il avait très peur que je ne le traite dans ces pages avec la même eſpèce d’impitoyable acuité que je mettrais, ſelon lui, à ſcruter mes perſonnages. Si bien que ma grande peur à moi, c’eſt qu’il ne découvre ce journal, que je lui ai fait croire que j’avais ceſſé de publier depuis près de trois ans. Comment donc, dans ces conditions, pourrais-je m’y conſacrer ſereinement, puiſque, ſi j’étais découvert, le délit de menſonge ſerait flagrant aux yeux de celui à qui j’ai juré fidélité & qui croit pouvoir me faire confiance ? Et pourtant, j’en reprends aujourd’hui la publication, ſans attendre d’avoir rattrapé le retard pris, non ſeulement parce que ſa publicité m’était un puiſſant moteur, à l’époque où ſon contenu paraiſſait ſitôt écrit, plutôt qu’après ce délai d’un mois devenu preſque une année que j’avais fini par vouloir inſtaurer, ſans que je puiſſe trop aujourd’hui m’expliquer la raiſon d’un tel parti, mais ſurtout parce que je le dois à Lithomnème, que je m’en voudrais de déſeſpérer encore de pouvoir me lire en pleines fêtes paſcales, à don Eſteban, pour qui ce journal eſt un moyen de prendre de mes nouvelles, à Philerme, dont le blogue ſi riche fait ſe ſentir le mien bien pauvre en comparaiſon, & à Laodice, qui ſuit mes aventures depuis ſi longtemps.

09/04/2012, 02:53 | Lien permanent | Commentaires (1)

 

 

 

Essais typographiques

 

   TRISTAN me dit qu’il a été effrayé par la perſpective d’une vie trop ‘‘rangée’’. J’ai réuſſi à lui faire admettre qu’il avait peut-être été plus effrayé encore par le grand dérangement qu’impliquait pour lui une inſtallation avec moi dans la ville d’Acaris.

 

 

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3 sommets

11/10/2011, 04:19 | Lien permanent | Commentaires (0)