HORTVS ADONIDIS

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Personne n’est jamais demeuré près de moi :

L’amour m’est impossible, et nul ne sait pourquoi.

28.I.2020

28/01/2020, 20:17 | Lien permanent | Commentaires (0)

Il y a dans le clair de mes yeux tant de glace

Que jamais on n'y voit le reflet d’une face

19.XII.2019

19/12/2019, 21:46 | Lien permanent | Commentaires (0)

Ballade dAntigone

 

Pauvre Antigone, ô ma dame de Thèbes,

Qui fus enfant dans les infernaux bains,

Si tu devais revenir de l’Erèbe,

Tu trouverais le royaume thébain

Conquis par l’épigone et par l’aubain.

Dans un tombeau repose Polynice,

Ce renégat, de l’ennemi complice ;

Ton autre frère est tombé de son socle :

Il gît, abandonné d’Athéna Nice,

Et n’a pour le chanter aucun Sophocle.

 

De noirs corbeaux font à son corps d’éphèbe

L’outrage odieux d’un indécent festin.

Verser sur son cadavre un peu de glèbe,

Pour rendre au mort l’office clandestin,

Tel serait or de sa sœur le destin.

Tu tomberais aux mains de la police

Et connaîtrais de Créon la justice !

Ainsi fait-on à qui veut d’Etéocle

Faire un tombeau : il est mis au supplice

Et n’a pour le chanter aucun Sophocle.

 

Dans la cité grossit tout une plèbe

De Béotiens vaincus et d’esprits vains.

C’est une mer qui jamais n’est à l’èbe.

Du bataillon sacré, il n’est pas vingt

Garçons encore. On chercherait en vain

L’Hémon qui te suivrait dans l’édifice

D’Hadès : la vie offre trop de délices,

Et l’on craindrait de casser ses binocles !

L’homme aujourd’hui veut mourir à l’hospice

Et n’a pour le chanter aucun Sophocle.

 

Dame Antigone, ô notre impératrice,

Sais-tu s’il est encore, entrant en lice,

Mais ignoré de tous, un fier Patrocle,

Qui ose aller au-devant des sévices

Et n’a pour le chanter aucun Sophocle ?

 

24.XI.2019

24/11/2019, 22:18 | Lien permanent | Commentaires (0)

Ballade du concours de Blois

 

Je meurs de soif auprès de la fontaine.

Brûlant d’aimer, je suis tout refroidi

Du moindre égard qu’une figure humaine

Porte au pauvre de moi. Si mercredi

L’amour me gagne, il m’a fui dès jeudi.

(J’ai plus connu que la grande passion

La petite amourette !) Et quand le don

M’est enfin fait de l’amour véritable

(Je parle de Clément, nouvel Adon),

Même affamé, je ne vais à table.

 

Ma langue, au lieu d’aller fouiller l’haleine

Du beau garçon, se fige et s’engourdit.

De tous les mots dont j’ai la tête pleine,

Pas un ne sort : je demeure interdit.

Le cœur me manque aussitôt qu’enhardi.

J’ai dans l’oreille un entêtant bourdon.

Pour un regard, toute ma déraison

Me croit l’égal d’un grand dieu vénérable ;

Par un regard, je suis pauvre en prison :

Même affamé, je ne vais pas à table.

 

Plus il est proche et plus semble lointaine

La chance d’explorer son paradis.

Plus il s’éloigne et moins semble incertaine

L’institution de nos gymnopédies.

Trouver l’amour est une tragédie :

On garde espoir en perdant la raison ;

On désespère à force d’oraison.

Traînant ma soif dans un désert de sable,

Je n’ai mirage en lieu de guérison :

Même affamé, je ne vais pas à table.

 

Prince Clément, qui portes mal ton nom,

Se peut-il qu’en ta veine aille un poison

Pareil au mien, dont tu dises, affable :

« Je hais et j’aime et, par toute saison,

Même affamé, je ne vais pas à table » ?

 

11.XI.2019

 

Un lien menant à l’enregistrement d’une lecture par l'auteur de cette ballade se trouve dans les commentaires.

11/11/2019, 12:29 | Lien permanent | Commentaires (4)

Rondeau

 

Clément, le doux son de ta voix

Loge en mon cœur comme une écharde

Elargissant une lézarde

Me déchirant quand je te vois.

 

En ta présence on reste coi,

Ne sachant pas si tu regardes

            Clément

 

Ton prochain cloué sur la croix.

Donne-moi donc, ce pauvre barde,

La clef du secret que tu gardes.

Mais à quoi bon ? Souvent, je crois,

            Clef ment…

 

02.11.2019

 

Un lien menant à l’enregistrement d’une lecture de ce rondeau par l’auteur se trouve dans les commentaires.

02/11/2019, 18:02 | Lien permanent | Commentaires (1)

Ballade des cinq doigts

 

François Villon, Catulle de la France,

Qui, moins bien né que celui d’Italie,

Dut partager des pauvres la souffrance,

Où se trouvait sa source Castalie,

Dont il vida les flots jusqu’à la lie,

Ne connut pas d’aussi dure misère

Que celle dont les Parques me visèrent

En me privant d’aucun ami compter

Sur les deux poings qu’elles m’improvisèrent,

Dont chacun n’est que de cinq doigts lesté.

 

J’aurai passé toute mon existence

A composer un visage pâli

Et, pour autrui, comme sans consistance,

Faute d’avoir connu, depuis le lit

Où je suis né jusques à l’hallali

Que sonnera la mort à mon désert,

L’exemple de l’amour, dont fus disert ;

Mais coutumier, je ne l’ai pas été.

Mes pauvres poings n’ont serré que les airs,

Dont chacun n’est que de cinq doigts lesté.

 

Je suis bien las de vivre de navrance,

De solitude et de mélancolie.

Est-ce qu’en vain j’attends la délivrance ?

Il reste en moi comme assez de folie

Pour ne trouver que la mort est jolie

Que de loin. Mais, Moire m’étant mégère,

Faut-il qu’amour me demeure étrangère ?

N’y a-t-il pas, contre un mur éclatés,

Deux poings cherchant comme moi l’âme chère,

Dont chacun n’est que de cinq doigts lesté ?

 

Princes rêvés, si jamais me croisèrent

D’entre vous deux ou trois qui poings n’osèrent

D’un coup de foudre à ma face porter,

Dites-leur que j’en rêve (et n’exagère !),

Dont chacun n’est que de cinq doigts lesté.

28.X.2019

30/10/2019, 20:51 | Lien permanent | Commentaires (0)

De toi je ne connais que d’être au bord des charmes

Comme on dit, plus souvent, qu’on est au bord des larmes

10.VI.2019

(Clément)

10/06/2019, 14:13 | Lien permanent | Commentaires (0)

Clément fleuve impassible aux rives si sereines

C’est ton cours tourmenté qui coule dans mes veines

23.XI.2018

(Clément)

23/11/2018, 19:49 | Lien permanent | Commentaires (0)

C’était ma chaise.

J’avais un lieu pour traverser la vie,

Un ami pour aimer,

Tant de mots dans la voix.

Qui m’écoute aujourd’hui ? Et qui s’est assis là ?

Ne me répondez pas, un autre écrit ces mots.

En mémoire de Charlotte

27.III.2018

27/03/2018, 17:33 | Lien permanent | Commentaires (1)

Je hais et j’aime. Et comment donc, dis-tu, peut-ce être ?

Je ne sais, mais je sens, et ce m’est un supplice.

26.V.2017

(Catulle, 85)

27/05/2017, 01:30 | Lien permanent | Commentaires (0)